
Avant d'arriver sur le bureaud'un éditeur, un manuscrit passe entre les mains de lecteurs professionnels. Nelly Garnier est l'une d'eux : elle travaille comme lectrice chez Albin Michel,reçoit des manuscrits et rédige des rapports de lecture sur lesquels s'appuiele comité éditorial pour décider de leur publication. Dans un entretien avecLaurence Faure, elle raconte comment elle travaille et ce qu'elle cherche dansun texte.
Elle reçoit en moyenne unedizaine de manuscrits par mois, envoyés par différents éditeurs de collectionLe parcours d’un manuscrit chez Albin Michel
Avant d’arriver sur le bureau d’un éditeur, un manuscrit passe entre les mains de lecteurs professionnels.
Nelly Garnier est l’une d’entre eux : elle travaille comme lectrice chez Albin Michel, reçoit des manuscrits et rédige des rapports de lecture sur lesquels s’appuie le comité éditorial pour décider de leur publication.
Dans un entretien avec Laurence Faure, elle raconte comment elle travaille et ce qu’elle cherche dans un texte.
Elle reçoit en moyenne une dizaine de manuscrits par mois, envoyés par différents éditeurs de collection, et doit les renvoyer sous huit jours avec un rapport pour chacun.
Elle ne corrige rien : elle lit une première fois, relit en prenant des notes, puis rédige un rapport d’une ou deux pages qui contient un résumé détaillé de l’intrigue et un avis argumenté.
Elle consacre en moyenne une dizaine d’heures à chaque manuscrit.
Le manuscrit est d’abord repéré par un éditeur de collection, qui le confie à un premier lecteur.
Si cet avis est favorable, trois ou quatre autres lecteurs le lisent à leur tour. Il faut plusieurs avis positifs pour que le texte soit présenté au comité de lecture, composé des éditeurs, qui décide de sa publication.
À ce stade, l’avis du président et du vice-président pèse lourd.
Pour elle, un bon manuscrit est d’abord un plaisir de lecture : on y entre, on a envie d’aller jusqu’au bout, on se sent porté.
Elle aime être surprise et accorde une grande importance à la première phrase et à la première page.
Elle attend aussi une vraie maîtrise de la langue, un style et un texte sans clichés ni prétention. Elle se méfie des écritures redondantes qui expliquent trop et préfère les styles nerveux, concis, ramassés, sans tics d’écriture.
Pour résumer sa pensée : « Un livre, c’est souvent un style au service d’un univers. »
Elle ne ferme la porte à aucun sujet : on peut tout aborder, dit-elle, à condition qu’il y ait, au départ, un vrai désir d’approfondir une question à travers une histoire, des personnages et des dialogues.
Lire l’entretien sur L’Inventoire
Votre première page sera lue avec attention : soignez-la.
Chaque explication en trop, chaque répétition, chaque cliché joue contre vous. Et surtout, votre texte doit porter une voix et un univers qui vous appartiennent.
C’est précisément ce que je travaille avec les auteurs que j’accompagne : resserrer, clarifier, faire entendre votre voix, pour que votre manuscrit passe le cap des premiers lecteurs.
Source : « Nelly Garnier : le parcours d’un manuscrit dans une maison d’édition », entretien réalisé par Laurence Faure, L’Inventoire.
,et doit les renvoyer sous huit jours avec un rapport pour chacun. Elle necorrige rien : elle lit une première fois, relit en prenant des notes, puisrédige un rapport d'une ou deux pages qui contient un résumé détaillé del'intrigue et un avis argumenté. Elle consacre en moyenne une dizaine d'heuresà chaque manuscrit.
Le manuscrit est d'abord repérépar un éditeur de collection, qui le confie à un premier lecteur. Si cet avisest favorable, trois ou quatre autres lecteurs le lisent à leur tour. Il fautplusieurs avis positifs pour que le texte soit présenté au comité de lecture,composé des éditeurs, qui décide de la publication ; à ce stade, l'avis duprésident et du vice-président pèse lourd.
Pour elle, un bon manuscrit estd'abord un plaisir de lecture : on y entre, on a envie d'aller jusqu'au bout,on se sent porté. Elle aime être surprise et accorde une grande importance à lapremière phrase et à la première page.
Elle attend aussi une vraiemaîtrise de la langue, un style, et un texte sans clichés ni prétention. Ellese méfie des écritures redondantes qui expliquent trop, et préfère les stylesnerveux, concis, ramassés, sans tics d'écriture. Pour résumer sa pensée, « unlivre c'est souvent un style au service d'un univers ».
Elle ne ferme la porte à aucunsujet : on peut tout aborder, dit-elle, à condition qu'il y ait au départ unvrai désir d'approfondir une question à travers une histoire, des personnageset des dialogues. L'Inventoire
Votre première page sera lueavec attention, soignez-la. Chaque explication en trop, chaque répétition,chaque cliché joue contre vous. Et surtout, votre texte doit porter une voix etun univers qui vous appartiennent.
C'est précisément ce que jetravaille avec les auteurs que j'accompagne : resserrer, clarifier, faireentendre votre voix, pour que votre manuscrit passe le cap des premierslecteurs.
Source : « Nelly Garnier :le parcours d'un manuscrit dans une maison d'édition », entretien réalisé parLaurence Faure, L'Inventoire.