Le jargon des éditeurs par Le figaro littéraire

Le monde de l’édition, comme toutes les professions a son propre langage. Il est bon de le connaitre et de se familiariser avec quelques mots-clefs.

Feuillets/signes

Un feuillet est une page de 1500 signes ou de caractères en général 25 lignes de 60 signes. Dans l’édition et dans la presse, on compte en nombre de signes ou de caractères. Attention, lorsque l’on donne un nombre, cela s’entend espace compris.

A-Valoir

Il s’agit d’une avance consentie par l’éditeur à l’auteur, quelles que soient les ventes du livre. Généralement la moitié est versée à la signature du contrat et l’autre moitié à la remise du manuscrit ou à la publication le plus souvent. En cas d’échec commercial ( c’est-à-dire quand les ventes ne remboursent pas l’à-valoir), l’auteur n’ a pas à rembourser cette avance.

Tirage

C’est le nombre d’exemplaires imprimés. Le tirage donne une indication du potentiel de ventes prévues par la maison d’édition ou des moyens dont elle dispose. Généralement, ce tirage est basé sur le retour des représentants qui ont fait un tour en librairie.

Quatrième de couverture

Il s’agit bien sûr de la dernière page du livre. Elle est primordiale car on retrouvera ce petit copié-collé partout, et, bien faite, elle donne envie d’acheter le livre… mais il est surtout intéressant de savoir que c’est rarement l’auteur qui l’écrit (il est mal placé). Ce travail reste du domaine de l’éditeur qui peut mettre en avant les qualités de l’histoire et de l’auteur – ce n’est pas vous qui allez parler de votre style !

Attachée de presse

On utilise le féminin car ce sont plus souvent des femmes qui assurent ce travail dans l’édition. Elles sont chargées de la promotion du livre auprès de la presse, des médias et des réseaux sociaux. Il est bon d’échanger avec elles au moins trois mois avant la publication du livre afin de préparer le lancement et de partager vos carnets d’adresse.

Epreuves non corrigées

Il y a en général trois étapes importantes dans les corrections. On peut modifier des choses jusqu’aux dernières épreuves non corrigées (mais cela est déconseillé, sauf énormes fautes). Ces épreuves ressemblent au livre à publier et elles sont envoyées à la presse et aux médias pour que l’ouvrage puisse être lu avant la publication.

Cession des droits d’exploitation/droits d’auteur

Quand vous signez un contrat, les droits d’auteur sont stipulés noir sur blanc. Le contrat concerne le plus souvent la cession des droits d’exploitation et des droits d’auteur. Cela est stipulé ainsi : « Pour prix de cession du droit d’édition, l’éditeur verse à l’auteur, pour chaque exemplaire vendu de l’ouvrage édité en application du présent contrat, un droit correspondant sur le prix public hors taxes à X%. »

On constate, qu’en littérature générale, ce taux est en moyenne de 8 à 10%, après un certaine nombre d’exemplaires vendus, puis de 12% après un certain palier. C’est une moyenne et cela reste une négociation. L’auteur signe pour tous les exemplaires vendus en France, mais le taux peut être différent pour les ventes hors Europe, les éditions illustrées, l’édition de poche…

TP

Signifie « Titre provisoire ». Tant qu’il est pas publié, votre manuscrit porte un titre provisoire. C’est stipulé par contrat : « L’auteur cède à l’éditeur, à titre exclusif, et pour la durée du présent contrat, le droit de reproduire, publier et exploiter l’œuvre sous forme, imprimée et numérique, ainsi que les droits de reproduction, d’adaptation et de représentation afférents à l’œuvre de sa composition qui a pour titre provisoire : XXXX. »

Pourquoi ? Parce que l’éditeur se réserve le droit d’en changer jusqu’au dernier moment et il droit entreprendre des recherches pour savoir si le titre n’a pas déjà été pris. Certaines maisons retiennent des titres comme on dépose un brevet.

Edition à compte d’auteur

Dans cette expression, le mot « édition » est un peu mensonger. Car l’auteur fait éditer son ouvrage par un « éditeur » qui ne s’occupe en vérité que de la partie technique de la fabrication et de l’impression du livre. L’auteur paie tous les frais, et l’ « éditeur » ne prend aucun risque. La Société des Gens de Lettres avertit que ce n’est pas de l’édition : « Dès lors qu’il y a une participation financière, même partielle, de la part de l’auteur, cela ne peut constituer un contrat d’édition ; ce n’est ni plus ni moins, qu’une prestation commerciale. »

Incipit

Première phrase, premiers mots d’un livre.

Source : Le figaro littéraire