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ECRIRE, C'EST...

 

… tellement complexe, qu’on ne peut le résumer en quelques lignes. On aimerait mais on ne peut pas. C’est ça qui est bien. Doute et inconnu, cela échappe sans cesse.  

D’ « écrire et créer », voici plusieurs définitions toutes justes et fausses à la fois.

 

         Ecrire : c’est sauver ce qui reste. C’est attraper entre les dents, des fragments encore frais, encore sanguinolents de la vie.

 

Ecrire, c’est… descendre dans les bas-fonds de soi pour en ramener le matériau nécessaire ; on apprend à puiser l'or en soi, même si celui-ci n'est pas particulièrement brillant ni doré. Il vaut mieux le savoir au départ, l'or se purifie et commence à briller ; avec le temps surgit sa propre luminosité, son propre éclat…

 

 Pour écrire « juste »,  il faut s’ouvrir sans pudeur, écarteler les plaies, les choses suintantes et chaudes, et balancer tout sur la page. Quitte à faire n’importe quoi. Puis trier. Rien qui ne soit pas de soi.

 

La souffrance, elle, sacré matériau d’artiste, est une échancrure dans laquelle, tout mais absolument tout, peut s’engouffrer : violence, drogue mais aussi croyances, folie et création. A l’homme de choisir.

 

          Ecrire, c’est rendre visible l’invisible. Donner des yeux pour ceux qui n’en ont pas. Donner des mots à ceux qui n’en ont plus.    

    

 Ecrire : c’est rentrer dans, aller contre. L’intolérable, l’insupportable. Le sien, celui des autres. Besoin de me battre.

 

 Ecrire, oui, c’est se BATTRE. Il n'y a que l'Ecriture qui ne m'épuise pas, qui ne s'épuise pas. Tous les matins j'ai besoin de me confronter quelques heures aux mots, à moi-même. Ce ne serait pas les mots, ce serait autre chose : de la peinture de la glaise, des corps malaxés, de la terre à retourner.

 

La violence de la création qui m'attire, je crois.


          Les mots ne sont que des écailles qui viennent s'agglutiner sur le visqueux du soi.

 

L’écriture, c’est une sacrée plante grimpante, de croissance lente mais continue, qui s’élève sans cesse ; toujours plus haut, toujours en quête de lumière, l’écriture rencontre des obstacles - qu’elle peut créer elle-même, assombrie par son propre feuillage - et doit alors trouver des solutions pour les contourner.

 

Comme tout artiste, l’écrivain n’a pas de réponses. Son rôle se borne à poser les questions, les BONNES questions. Pour cela il ne faut pas hésiter à provoquer, retourner, déchirer. Mettre sens dessus-dessous.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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